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Partir pour grandir

Publié par Jeanne Chaumais

Partir un jour… Tous les enfants en rêvent, tous les parents en cauchemardent. Mais si les petits doivent quitter le nid, les colonies de vacances leur permettent de voler de leurs propres ailes vers la découverte des autres comme de soi. C-Way le Mag vous raconte donc l’histoire de la Petite Mendarine choubidoubidouwa…

« Les jolies colonies de vacances. Merci maman, merci papa ! » Avant que vos enfants ne vous remercient en fredonnant ces célèbres paroles de Pierre Perret, attendez-vous à essuyer deux, trois larmes sentimentales. Bien vite, elles sécheront tandis qu’ils chanteront tous en cœur « Tous les ans, je voudrais que ça r’commence ». Tel est l’éternel paradoxe des colos : on ne veut jamais partir puis on ne veut jamais revenir !

Se séparer pour…

Pipi au lit la veille du départ, caprices en pliant bagages, mines déconfites derrière les vitres du car, qui n’a pas vécu ces déchirements aussi redoutés que ceux de la rentrée des classes ? Car partir en classe verte ou en colonie, c’est avant d’être ailleurs, quitter le « ici ». Et c’est cette séparation avec le cocon familial qui est source d’angoisse tant pour les enfants que pour les parents. « Mais cette angoisse de séparation doit être surmontée, car c’est moins la séparation qui est impossible que l’idée que les parents comme les enfants s’en font » selon la psychanalyste Nicole Fabre (Sont-ils heureux loin de nous ?, Fleurus, 1998). « Or, si la séparation n’est pas tranchée, l’enfant ne pourra jamais s’épanouir ailleurs qu’avec ses parents. Ils deviendront dépendants dans une relation régressive plutôt que constructive. La meilleure des séparations est celle des colonies, car elle permet, le temps des vacances, de se séparer doucement et surement » assure-t-elle.

… rencontrer …

Les pleurs de tristesse du départ ruissèlent en larmes de joie quelques jours après l’arrivée. Si les premiers couchers étouffent encore dans l’édredon les regrets de séparation, très vite ils sont essuyés pour les confidences sous les duvets. Les fous rires entre copains remplacent vite les câlins des parents. Et les batailles de polochons dans les dortoirs, dès que les moniteurs ont le dos tourné, créent de nouvelles rencontres souvent inattendues. Sportive, artistique ou linguistique, les colos ouvrent un monde inconnu aux petits. Un monde social, politique, psychologique bien différent de leur petit univers. Et ce sont ces différences qui leur font accepter leurs propres différences. « Les colos désillusionnent les enfants de la perfection fantasmée que les parents leur portent pour que plus grands ils puissent accepter que l’autre, tout comme eux, sont en réalité imparfaits. » analyse la psychanalyse. Selon elle, les colos sont essentielles au bon développement social mais aussi personnel des enfants.

… et mieux se trouver

« Les colonies sont une formidable occasion d’affirmation de soi » estime Nicole Fabre. L’enfant qui réussit à se sortir d’une difficulté sans l’aide de ses parents gagne en confiance et estime de soi. Il prend conscience de ses ressources et donc de sa valeur. » Si les monos obligent les mômes à finir leurs épinards ou à marcher « 10 km à pieds », ils les autorisent aussi à franchir certains interdits et à danser sur des boums jusqu’au bout de la nuit. Tout le contraire de la maison ! D’Elle descend de la montagne à cheval à Vive le vent, les enfants croquent par le cœur d’autres mondes, d’autres modes de vie. Lorsqu’il revient dans sa vie, il prend du recul vis à vis de l’éducation de ses parents. Mais à l’inverse, il mesure aussi la chance d’avoir des frères et sœurs plus si horribles, une maman câline, un papa qui cuisine mieux que le cuistot de la colo… Ainsi, il grandit parce que la Mère Michel n’est plus là pour faire son lit ou préparer son bivouac. Les colos sont peut-être la meilleure école de la vie des petits !

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